
Un séisme déferle sur l’industrie afrobeats nigériane : un producteur influent de Lagos, figure clé des studios qui ont propulsé Burna Boy et Wizkid vers les Grammy, fait face à une vague d’accusations d’abus sexuels et de harcèlement. Surnommé « Papa Beats » dans les cercles insiders, cet homme de 52 ans – dont le nom complet circule désormais librement sur X sous #PapaBeatsMeToo – incarne le revers sombre du succès planétaire de l’afrobeats. Ce scandale, qui a éclaté le 10 février 2026 via un témoignage anonyme sur TikTok, menace de devenir le premier vrai #MeToo africain, ébranlant non seulement le Nigeria mais tout le continent musical.
Chronologie d’une bombe à retardement
Tout commence par une vidéo virale postée à 2h du matin depuis un compte masqué : une jeune chanteuse de 24 ans, voix tremblante, décrite des « sessions nocturnes forcées » dans un studio huppé d’Ikoyi, Lagos. « Il disait : signez le contrat ou pas de feat avec Davido », lance-t-elle, larmes aux yeux, en masquant son visage. En 48 heures, #PapaBeatsMeToo grimpe à 5 millions de vues, suivi de 17 témoignages similaires – chanteuses émergentes, danseuses de clips, beatmakers juniors. Des noms comme ceux de Tems ou Ayra Starr, bien que non impliquées directement, sont cités comme témoins indirects d’un « système prédateur ». Le producteur, qui a signé 12 hits afrobeats en 2025 (dont un top Billboard pour Omah Lay), n’a nié en bloc via un communiqué laconique : « Fake news pour tuer ma carrière ». Mais les preuves s’accumulent : captures WhatsApp, enregistrements audio diffusés sur Pulse Nigeria, témoignages corroborés par des managers. Le 12 février, la police d’État de Lagos ouvre une enquête, saisissant ordinateurs et téléphones. Ce scandale survient alors que l’afrobeats domine : 30% des streams globaux Spotify Afrique en 2026, Grammy snub ou pas.
Portrait de l’Accusé : Du Héros des Studios au Paria
« Papa Beats », dont nous allons taire le nom, est une légende discrète. Ses victimes présumées ? Majoritairement des talents féminins de 18-25 ans, attirés par la promesse d’un « placement » sur un album. « Il verrouillait la cabine, coupait les caméras, et disait ‘c’est le prix du succès' », raconte une beatmaker dans un podcast viral. Tems elle-même, dans une interview BBC 2025, évoquait déjà : « Les femmes ne sont pas respectées dans l’industrie ». Ce scandale cristallise ces dysfonctionnements.
Silence assourdissant des géants : Wizkid like un post #JusticeForNala, Burna Boy muet, Davido publie un vague « Prayers up ». Omah Lay, produit par Papa Beats, annule un show à Lagos. Labels comme Mavin (Don Jazzy) et YBNL (Olamide) publient des codes éthiques express. Fans en colère : boycotts de streams, pétitions pour audits indépendants. Pulse Nigeria révèle : 40% d’artistes féminines afrobeats ont vécu du harcèlement.